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Review of Joies – Revue ETUDES

A great review of Grzegorz Kwiatkowski’s French book, “Joies,” by poet and critic Jean-Pierre Lemaire (from Gallimard) has been published. The book “Joies” was released by La rumeur libre éditions and translated by Zbigniew Naliwajek.

“Joies is the most paradoxical title possible, as Claude Mouchard immediately indicates in his illuminating preface. These poems by a young Polish author, who has already gained an international reputation, are micro-scenes that allow us to see and hear short episodes of horror, generally inspired by the chronicle of the Shoah. The name of Auschwitz is silenced, perhaps so that we might guess it behind these muddy and soaked landscapes, so that we might also recognize the traces of inhumanity in the deeds and thoughts of ordinary life. The document, when it exists, is not presented in the form of an archive. It is carried by a voice, that of the executioner, the victim, a witness, or an anonymous narrator. This staging, however, retains something of the raw character of the document, combining immediacy and allusion with a consummate art that avoids any pathos. This is the zero degree of lyricism. The poet perhaps invites his compatriots in particular to confront a still repressed past. In any case, this voice aims only to awaken our consciousness to the unbearable, always current.”

“Joies est le titre le plus paradoxal qui soit, comme l’indique d’emblée Claude Mouchard dans son éclairante préface. Ces poèmes d’un jeune auteur polonais qui a déjà une réputation internationale sont des microscènes qui nous donnent à voir et à entendre de courts épisodes d’horreur (« On lui a coupé la tête avec une scie émoussée. »), généralement inspirés par la chronique de la Shoah. Le nom d’Auschwitz est tu, peut-être pour que nous le devinions derrière ces paysages boueux et détrempés, « sur les terrains marécageux du confluent de la Vistule et de la Sola », pour que nous reconnaissions aussi les traces d’inhumanité dans les faits et les pensées de la vie ordinaire (« Comme ma femme est petite ! /Quand je l’ai rencontrée elle me disait qu’elle grandirait encore/Elle m’a eu ! »). Le document, quand il existe, n’est pas donné sous forme d’archive. Il est pris en charge par une voix, celle du bourreau, de la victime, d’un témoin ou d’un narrateur anonyme. Cette mise en scène garde cependant quelque chose du caractère brut du document, combinant immédiateté et allusion avec un art consommé qui évite tout pathos. C’est ici le degré zéro du lyrisme. Le poète invite peut-être plus particulièrement ses compatriotes à prendre en charge un passé encore refoulé. En tout cas, cette voix ne vise qu’à éveiller notre conscience devant l’insupportable, toujours actuel.”

www.revue-etudes.com

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